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mardi 3 mai 2011

Blah nucléaire blah

Je suis un mec plutôt gentil et normal. Je tolère les noirs, je supporte les arabes non-musulmans, je cultive un mépris discret teinté de pitié pour les invisibles minorités asiatiques, affiche une désapprobation hautaine -et dans l'air du temps- envers les roms et prends généralement une position complexe de aikido quand je croise un terroriste musulman (1).

Mais s'il y a une foutue race dégénérée dont l'existence même me tord les noyaux, c'est les écolos. De tous poils. Qu'ils soient hippies fumeurs de hashs, bobos de la gauche verte, militants greenpeace ou faucheurs d'OGM.
Entendons nous bien, je hais tous les écolos, mais j'abhorre encore plus positivement ceux qui s'opposent au nucléaire comme si leur vie en dépendait.

Franchement, copain, le nucléaire, aucun risque.

Et puis si ça pète, que ce soit ici ou ailleurs, on va pas pleurer sur une poignée de millions de morts violentes, de cancéreux terminaux et de bébés à deux têtes, si ? Et puis c'est joli un réacteur nucléaire, on dirait un vase duquel s'échapperait une fleur de vapeur évanescente, et c'est toujours plus décoratif que ces éoliennes de merde là, je maudis le con qui a eu l'idée de me planter ses ventilateurs géants dans ma bucolique campagne bien mieux taillée pour accueillir la fine cambrure évasée des bénitiers tchernobyliens. Il faut de l'énergie, garçon, pour pouvoir continuer notre montée en puissance en direction d'irrationnels accumulations de biens dispensables (ultra inutiles) et néfastes (en contradiction avec sa nature même) pour l'homme.

Say, copain, pour te dire la vérité, au fond de ce petit cœur pris dans une gangue d'indifférence, je te respecte un peu. Parce que tu as encore le courage de rêver, tu es aveugle à une dure réalité qui dit que jamais les puissants ne feront machine arrière sur l'engin nucléaire, et ça, tu pourras toujours t'égosiller dans tes manifs à t'arracher la gorge, c'est gravé dans à jamais dans le marbre froid du caillou "progrès technique". Je vais te donner une seule raison pour laquelle le développement du nucléaire dans les années à venir est un processus irrésistible.

1) Les masses, poteau, les grosses masses inertes dans mon genre ne comprennent un danger que quand il leur fait "Coucou, JE SUIS DANS TON LIT", sauf que le jour ou ça arrivera, on aura tous plus ou moins des nageoires sur les mollets et des tentacules sur le ventre à cause de la surprolifération des instruments de mort qui font marcher le micro-onde. (2)

J'aurais aussi pu donner l'argument de la fin du pétrole et de la dépendance énergétique des États dans tous les domaines (surtout importante pour faire zoum l'engin capitalo-mercantile meurtrier), ce n'est pas le manque de connaissance qui m'a fait reculer (motto du blog : parler sans rien savoir et pour ne rien dire) mais l'appel du ventre.

Jeu: du racisme s'est incidemment glissé dans le texte, sauras-tu le retrouver ?


(1) Ce qui arrive de plus en plus souvent, se reporter à l'œuvre autobiographique de Marine Le Pen "Mon combat, la lutte d'une femme aryenne contre les sales bougnoules à turbans".
(2) À ce sujet, mes lasagnes agromerdes certifiées 1% viande animale m'attendent.

dimanche 13 mars 2011

La situation exige des paroles, les actes suivront... peut-être.

Je suis libre.

Par libre, j'entends que je possède le droit d'acheter tout ce que je veux au supermarché, le droit de dépenser mon argent en électronique à la durée de vie délibérément faible, le droit de respirer un air presque sain, le droit de prendre parti dans un débat surmédiatisé vide de substance, le droit d'oublier que je tue indirectement un gosse du tiers monde chaque seconde, le droit de croire que tout m'est dû, le droit de parler sans être entendu, le droit d'être surveillé sur internet comme dans la plupart des lieux publics (au nom de la sécurité), le droit d'être au sommet de l'évolution quand je regarde le juste prix dans mon canapé.

Mais bientôt, je serai encore plus libre, j'aurai le droit d'être suivi partout dans mes déplacements grâce à ma puce électronique, le droit de garder le silence, le droit de vivre dans un monde aseptisé, le droit de piétiner des cadavres avec encore plus d' insouciance.

Mais le plus drôle, c'est que toute une partie de moi appelle ce futur à grands cris peu virils (ceux des groupies d'un quelconque groupe de rock dont le chanteur homosexuel est travesti en hétéro). Tout un morceau de mon être désire ce futur, ce qui se traduirait ainsi en monologue intérieur: Empêchez-moi de penser rendez moi bête dites moi ce à quoi je dois croire je veux qu'on m'impose des valeurs des normes de adorer un chef une figure de père et de dieu soumettez-moi ordonnez j'obéirai je ne veux pas penser .

Le plus grand danger du totalitarisme actuel, non plus d'État mais économique, culturel et transnational, c'est qu'il est infiniment confortable pour peu qu'on se trouve du bon côté de l'enceinte électrifiée. Mon confort d'aujourd'hui, élevé sur un tas de cadavres à la sueur du noble front de l'europe des lumières, je le dois à la colonisation passé et présente des pays en voie de développement (laissez-moi rire, un euphémisme pareil pour décrire des territoires frappés de famines, ravagés par les guerres et le Sida). Mais la majeure partie du temps, je m'en fous, je ne pense pas, englué dans ma confortable routine, alors je viens ici pour me fabriquer une conscience en remplacement de celle que j'ai vendue contre des objets et de l'oubli.

D'ailleurs, je ne fait RIEN dans la vie, que ce soit pour sauver les sans-papiers ou les manchots empereurs, je ne vous jette pas la pierre donc, je sais à quel point c'est agréable, d'être une couille-molle égoïste.
Et aussi, pendant que je suis dans le registre de l'émotion, une pensée émue pour le gamin chinois qui a cousu mes baskets ; beau boulot fiston, elles tiennent le coups.


Chaque jour, une analyse très pertinente et complète sur un sujet de votre choix.