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mercredi 12 octobre 2011
Philosofuit.
Je suis un vieux métronome poussif. J'exhale péniblement dans un tempo arythmique les fumerolles cryptiques de ma sagesse ventrue. Le battement étouffé de ma bascule gripée clapote dans la flaque saumâtre de mon érudition. Ma pontifiance épanouie décortique avec une patience de vieux crabe l'infinité des interrogations inutiles que le voile de la sénilité a fait tomber devant ma cataracte précoce. Ma fulgurante vivacité de lézard paraplégique subjugue mes apprentis tandis que je catalogue l'inventaire illimité de mes connaissances putréfiées. Sempiternellement, je glose et dégoise, je logorrhe et hic. De la morphine dans mes veines coule naturellement, mon cœur à une allure mortifère gigote ses ventricules. Si en me regardant on plisse suffisamment les yeux, on distingue à l'entour de ma solide charpente germanique le halo caractéristique des saints et des orateurs rasoirs. Rendons justice, n'est ce pas, dans la plus pure tradition, sous ce gros chêne centenaire: je suis chiant. La réussite la plus formidable de ma vie fut d'amasser une quantité industrielle de savoir philosophique de grande qualité, de l'avoir réduit à de la bouillie de digression, noyé dans la ciure indigeste de mes égarements, bredouillements, chevrotements vocaux, et enfin servi dans l'emballage criard, prometteur et mensonger de ma dégaine d'universitaire chevronné.
mardi 31 mai 2011
Branlette (de) littéraire sur fond de ciel couvert.
Je voulais faire un truc sérieux, mais je coince, donc je vous propose une page de pub en attendant.
Je regardais les nuages, et je cherchais vainement un moyen de traduire en mots la perception que j'avais d'eux. Deux ou trois idouillettes, des trucs semi-poétique remachés, mais rien de concluant:
Tantôt volutes cotonneux déchirés et épars, sillonnements presque végétals de fines nervures et blancs entrelacs de vaporeuse sève, tantôt tissu aux mailles si denses qu'il en est pull, tricoté par les lentes bourrasques de la voûte azurée. Ou encore, clairs arrachements enfumés, vers invisibles tissant la soie pâle des expirations divines, essence volatile et aérienne du rêve, poils de couilles d'angelots...
Mais bof bof bof, blah blah blah, ça marche pas, il faut se rendre à l'évidence, parfois le réel est juste trop "goûté" par les sens pour qu'on puisse traduire le ressenti. C'est génial, on peut apprécier un moment de vie presque à nu, à travers une fenêtre presque neutre, dépouillée de concept, mais en même temps on touche là, horriblement, nos limites, ce ciel là était en même temps multitudes et singularités, un instant entièreté distincte dans le fond de l'oeil, puis mosaïque dont chaque carreau est fresque à elle seule dans une complexité évanescente presque fractale.
Et blah blah blah. Mais il était beau, ce ciel, à laisser la langue sèche de mots.
Être jeune, c'est posséder la capacité d'émerveillement. Sans elle, tu ne fais que t'émervieiller.
Je regardais les nuages, et je cherchais vainement un moyen de traduire en mots la perception que j'avais d'eux. Deux ou trois idouillettes, des trucs semi-poétique remachés, mais rien de concluant:
Tantôt volutes cotonneux déchirés et épars, sillonnements presque végétals de fines nervures et blancs entrelacs de vaporeuse sève, tantôt tissu aux mailles si denses qu'il en est pull, tricoté par les lentes bourrasques de la voûte azurée. Ou encore, clairs arrachements enfumés, vers invisibles tissant la soie pâle des expirations divines, essence volatile et aérienne du rêve, poils de couilles d'angelots...
Mais bof bof bof, blah blah blah, ça marche pas, il faut se rendre à l'évidence, parfois le réel est juste trop "goûté" par les sens pour qu'on puisse traduire le ressenti. C'est génial, on peut apprécier un moment de vie presque à nu, à travers une fenêtre presque neutre, dépouillée de concept, mais en même temps on touche là, horriblement, nos limites, ce ciel là était en même temps multitudes et singularités, un instant entièreté distincte dans le fond de l'oeil, puis mosaïque dont chaque carreau est fresque à elle seule dans une complexité évanescente presque fractale.
Et blah blah blah. Mais il était beau, ce ciel, à laisser la langue sèche de mots.
Être jeune, c'est posséder la capacité d'émerveillement. Sans elle, tu ne fais que t'émervieiller.
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