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mardi 26 avril 2011

Philosophie, grand-mère et obscénités diverses

Ça fait plusieurs fois que je me fais violemment retourner par un texte philosophique. Toi t'arrives, innocent, tu te confies au texte avec ton incandescente pudeur de vierge, tu crois niaisement que la pensée textuelle va s'écouler d'une même limpidité torrentielle dans tes canaux d'analyse cérébraux en découlant d'un ordre logique et cristallin, donc aisément compréhensible. Force est de constater que ça ne se passe jamais comme ça.

Une analogie pertinente serait de comparer le viol mental que le texte fait subir à l'invasion de la maison d'une adorable petite mami (napperons en dentelle, papier peint fané, fauteuils confortables écorchés par un vieux matou, parfum doucâtre de senescence) par une troupe de sado-masochistes avec accessoires ludiques et flaques de foutre inclues.

Non, je le vois bien, vous n'êtes pas horrifiés, je vais vous demander encore une fois de mélanger ces différents éléments dans votre crâne : mami/foutre chaud/S&M/ napperon/fouet/chat/bite.


Voiiiilà, on y est.

dimanche 10 avril 2011

Une famille en Nord

Parfois, et de plus en plus souvent maintenant que les beaux jours arrivent, j'entends, qui proviennent d'un jardin proche, des échanges vocaux qui feraient passer la plus croustillante scène de bienvenue chez les chtis, celle où des analphabètes consanguins sous alcool essayent d'imiter le parlé humain (1), pour un congrès de l'académie française.

Une chose reste sûre, il s'agit bien d'une tentative d'exprimer une pensée, bien que le terme "pensée" soit sans doute trop fort pour définir le piètre simulacre de connexion cérébrale -aussi vétuste qu'un réseau télécom malien- qui tient lieu d'intelligence à ces êtres. Ces cris, s'ils paraissent marquer une volonté de signifier, ou, en tout cas, de communiquer, n'en sont pas moins extrêmement dépourvus de la plus infime parcelle du plus minuscule atome d'indice laissé par une indiscernable et hypothétique trace de civilisation.

Si je voulais en toute humilité m'avancer modestement à révolutionner la science moderne, j'affirmerais que je suis en présence du quasi mythique chaînon manquant qui fit -et fait encore- couler tant d'encre dans les luttes entre créationnistes et évolutionnistes.
Aucune preuve tangible ne peut à ce stade être présentée, mais le témoignage de votre serviteur, qui vous assure de sa sincérité et met son honneur ainsi que son nom en jeu: jamais dans mon éminente carrière de biologiste-anthropologue de renom il ne me fut donné à entendre de cris si primitifs provenant de gosiers -a priori- presque humains. À ces sons gutturaux, ma fibre scientifique hypertrophié subit un terrifiant ébranlement, signalant que l'auteur, la chose à l'origine de ce cri était de manière certaine un vestige de temps immémoriaux, qui, bien que vivant en ville, avait conservé intact son indomptable férocité primitive.
Qu'un milieu urbain ait si peu d'influence sur le développement d'un individu qu'il garde inviolée sa singularité atypique idéale (2) peut étonner, mais on se rappelera à cette occasion les cas d'autarcie grégaire constatés par les docteurs Graham et Stephenson de l'école de Dublin, dont les travaux ont montrés la préservation de leur état premier de groupes entiers alors même qu'ils étaient en contact avec des populations allogènes plus évoluées (3).

Une question reste à élucider en dernière instance: comment une tribu d'hommes en devenir -dix-mille ans d'évolution restant jusqu'à l'homo sapiens- a t'elle réussie à acheter une maison ?


(1) Il s'avère que cette scène dure tout le film.
(2) Clin d'oeil Weberien que mon lecteur sociologue aura saisi.
(3) Pour plus de précision se reporter à leur ouvrage: "Les animaux humains, Étude sur trois générations des populations écossaises souillant la sainte terre d'Irlande", qui est un modèle de rigueur scientifique et d'objectivité.

mercredi 6 avril 2011

Du haut de mon piédestal d'ignorance, je profère des vérités éternelles.

[Suite à l'article affreusement niais et préado (emo même, je suis en train de perdre toute estime personnelle), voici en avant première l'essai philosophique à deux mains de BHL et Bill Kaulitz, écrit sous doliprane 1000 une nuit d'insomnie]

Je voulais dormir tôt, mais c'est foutu. Je suis trop impressionnable. Après une conversation relativement anodine, de nouveau, le plateau de mes certitudes n'a plus d'assiette, et vacillent ainsi les couverts de ma tranquillité d'esprit.

Où est le monstre ? J'ai parfois l'impression de connaître des gens, et je crois qu'ils me connaissent, connaissance réciproque, qui, même superficielle, reste valable dans l'action concrète. Puis on se rend soudain compte que le fil tendu au-dessus de l'abîme est arrimé à un décors de théâtre en lambeaux. Bordent le gouffre il y a respectivement Cours et Jardin, lesquels, bernés par cette mince pelure de pelote, croient chacun tenir pour acquise la bobine de l'autre. Puis un beau jour, ou peut-être une nuit, surgit l'aigle noir de la lucidité ; le lien est rompu, seul reste le vide. Cours et Jardin, par dessus la mâchoire denudée, se considérant d'abord avec stupeur, en viennent à se toiser, l'un imputant à l'autre le triste découpage du ruban, qui inaugura la fin de leur estime mutuelle.

Il est tard. Je me suis perdu. Je voulais parler du Monstre, cet autre qui n'est pas moi, qui n'est pas humain.

Qui n'est pas humain ? Qui sait.
On peut vivre en toute quiétude, tout en étant pleinement conscient que le "moi" que je perçois, est sans doute mensonger. Je peux parfaitement choyer ma façade en l'offrant au regard d'autrui, qui a à mes yeux une importance bien plus grande que le mien propre, et décider d'ignorer ce qui est tapi dans la maison du moi, qui n'est pas accessible au public. On scelle tout ça, on paraît, et surtout PAS de questions, Ce qui est derrière les murs DOIT y rester.

Au contraire, quand il semble qu'au cours d'un échange, l'autre parle d'un toi qui n'est pas cousu (de fil blanc) sur le masque, horreur. Horreur parce que toi-même, tu ne connais que le masque, et ne peux faire que des hypothèses sur la grouillante myriade des toi qui sont peut-être derrière. Et quand l'autre, même par inadvertance, pose un doigt sur le bord du masque, tu assistes, impuissant, à son effritement. Mais plutôt que
d'affronter honnêtement des vérités obscures, tissées d'ombres, vaporeuses et changeantes, tu nies le mystère du moi, et par là même, tu fais de l'autre un étranger au lieu de constater ta propre altérité. Parce que l'autre a remit en question ce que tu crois être, ce que tu veux être par commodité, par peur, aussi, alors c'est lui qui ne te connait pas, il est fautif.

Enfin, c'est quand même flippant les copains, je ne sais pas qui je suis, je ne sais rien de forces intérieures qui me poussent. Où est ma liberté ? Puis-je voir mes fils ? Est-ce que je pourrais supporter de voir que mon agir est le fait de déterminations exogènes qu'habituellement j'impute à ma libre volition ? Est-ce que être libre, ce n'est pas être esclave heureux et masqué (oh zorrooooo, in the cotton fields...) ? Des fois IL Y A DES VOIX DANS MA TÊTE ET DES FOIS JE NE SAIS PAS SI JE SUIS MOI OU SI je suis légion. La dernière phrase était juste pour montrer à quel point je suis un hipster trop fooooouuuu, mais seriousement, le dessous du masque, appelez ça comme vous voulez, surconscient, sousmoi, schizophrènie, il me fait peur.

Zone réflexivité: Putain quelle merde. Je vous jure, le prochain article sera marrant, si je continue à tapoter ce genre de daube textuellement badante, je vais finir en vieux-jeune aigri et mes lecteurs (humour) vont fuir comme des paniers percés.

mardi 29 mars 2011

Suprématie blanche (Titre alternatif: Salut les RG !)

Hello children, ici votre philopathe-sociopute préféré.
Aujourd'hui, nous allons tirer à boulets rouges sur la plèbe, et dans ce cas précis sur les plus pitoyables de ses représentants, j'ai nommé les caissières, que nous appellerons ici agentes de caisse dans la plus pure tradition démocratico-liberticide euphémisante. Évitons cependant d'arroser de mépris le terreau de cynisme sur lequel s'épanouit le ténia de nos préjugés et contentons nous de faits solides et établis, donc incontestables.

Première constatation: les agentes de caisse font un travail agréable dont les implications variées se déclinent en une multitude de joyeuses tâches annexes.
Remarque critique: En dépit de cela, quand je passe à la caisse de mon dépôt de merde agroalimentaire habituel, vers 19h30, l'agente de caisse a toujours le regard bovin, les babines tombantes ou retroussées et l'épine dorsale tordue façon poirier après Katrina. La sordidité de son hexis corporelle ne trouve rivale que dans la gélatineuse salutation qui dégouline de sa lippe sans grâce aux airs de limace.

Seconde constatation: La "profession" de l'agente de caisse est rendue encore plus attrayante par le contact -presque un frottement- continu avec les dominants racés de tous poils qu'elle suppose.
Remarque critique: Bien qu'elles soient en constant contact avec la frange haute de la population, et soient donc sensées patauger avec servilité béate dans la pitié polie de leurs maitres, les agentes de caisse se montrent rustaudes et insolentes. Elles s'adressent en effet aux maitres (usagers de la caisse en général) sans l'obséquiosité requise et en les regardant dans les yeux.

Troisième constatation: Il faut noter le grand avantage de cette profession, la mélodie enchantée et omniprésente des machines à bips qui berce les agentes de caisse tout le long de cette sinécure de "travail".
Remarque critique: Comme si elle n'avait pas été toute la journée choyée par des usagers de caisse attentionnés tandis que ses oreilles recevaient en permanence le caviar musical des machines à bips, l'agente de caisse reste mollement réfractaire à l'autorité du client.

Conclusion générale: L'inertie de la bête à l'arrêt est considérable, cela était une des hypothèses de départ, qui se trouve confirmée. Tout n'est pas perdu, notons que même dans le lumpenproletariat sur lequel se paluche Marx, le vil animal agente de caisse a informellement un statut d'esclave, intouchable parmi les intouchables. Nous pouvons déduire de la mentalité primitive et grégaire de troupeau qui fait fi de l'intrication des mailles resserrées des relations intersubjectives que toutes tentatives de dressage de la race rétive seront vaines.

Solution préconisée: Définitive mais pas Finale, restons humains.


En tant que représentant du bas peuple ayant interiorisé la violence symbolique subie, je travaille par cet article à la pérennisation du système de domination par l'apologie implicite de la méritocratie néolibérale rampante.